UN SAVANT RUSSE VOIT ROUGE

 (doc. S.M.Peshin)

Le Dr Serguei M. Peshin, savant russe responsable d’une des expériences embarquées sur Mars Polar Lander, publie dans la revue Spectroscopy une étonnante communication sur la planète Mars, basée sur l’analyse colorimétrique de prises de vue réalisées par le télescope spatial. Ce dernier s’est rendu célèbre par son époustouflante acuité. On sait moins qu’il est doté d’un savant mécanisme de renvoi de faisceau et de filtres lui permettant de mesurer la répartition de la lumière des astres observées dans 48 plages de longueur d’onde (de couleur) différentes.

 (doc. STScI)

C’est en exploitant de telles mesures, faites lors d’observations de Mars par le télescope spatial, que Serguei M. Peshin a constaté un rapport de luminosité entre la longueur d’onde de 0,763 micromètre (rouge) et celle de 0,554 micromètre (vert) dix fois supérieur à la normale. D’après des observations antérieures faites sur Terre sur des fossiles de plantes, qui montrent des décalages analogues, il en déduit que cela pourrait signaler la présence dans le sol martien de pigments fossilisés d’origine biologique. Des pigments tels que ceux synthétisés dans notre biosphère par certains organismes, en particulier les cyanobactéries, pour réaliser la photosynthèse ou pour se protéger des rayons ultraviolets. Ceux-ci se fossilisent en minéraux qui deviennent phosphorescents sous l’action de la lumière solaire et donnent cet excès de lumière rouge. On aurait donc là un indice de la présence, au moins passée, d’une biosphère en surface de la planète.

Mais attention, le scientifique lui-même souligne que ses résultats sont préliminaires. Par ailleurs, rien ne prouve que cette anomalie de couleur ne peut pas être produite par un autre phénomène, qui n’aurait rien à voir avec celui supposé ici. La publicité faite autour de ces travaux semble en tout état de cause disproportionnée par rapport à la solidité des résultats. Et le rapprochement que semble faire Serguei M. Peshin entre ses observations et la découverte des ravines " fraîches " ajoute à la suspicion qu’elle peut provoquer. Des observations spectroscopiques plus fines, à partir de sondes orbitales, nous permettront à n’en pas douter d’en juger.