|
Publication du rapport d'enquête sur la perte de Mars Polar Lander. |
Le 28 mars la NASA a rendu public le rapport du groupe de travail chargé d'évaluer les problèmes qui ont conduit aux échecs des deux sondes du programme Mars Surveyor 98. Mars Climate Orbiter et Mars Polar Lander. Le groupe devait également analyser les raisons qui ont conduit au succès des missions Pathfinder et Mars Global Surveyor actuellement en orbite autour de Mars. "Durant les auditions des différents acteurs, nous avons toujours gardé en mémoire qu'une seule erreur pouvait être fatale à une mission même si des milliers de fonctions sont exécutées sans le moindre problème", déclara Tom Young, responsable du groupe de travail. Il ajouta : "Notre enquête a confirmé que les erreurs peuvent être évitées en ayant une vision globale de la mission, en effectuant suffisamment d'essais et en réalisant des contrôles indépendants."
Le but du groupe d'expertise était de déterminer les raisons qui ont conduit aux réussites et aux échecs des missions récentes, ainsi que d'examiner les relations de travail entre la NASA, le Jet Propulsion Laboratory, l'institue technologique de Californie et les partenaires industriels. Le groupe devait également identifier les leçons à tirer des échecs et des succès, redéfinir le programme d'exploration martienne pour s'assurer que les leçons apprises soient bien appliquées, réexaminer les procédures d'évaluation des défauts de Mars Polar Lander et des pénétrateurs Deep Space 2, évaluer les méthodes de gestion des risques.
Le rapport conclu que les signaux parasites générés lors du déploiement des pieds d'atterrissages sont probablement à l'origine de la perte de Mars Polar Lander. Ces signaux indiquaient à la sonde qu'elle avait atterri alors qu'elle était encore à environ 1600 m d'altitude, conduisant à un arrêt prématuré des fusées de descentes et à la chute libre de la sonde vers la surface de Mars.
Sans informations de télémétrie durant la phase d'entrée atmosphérique et d'atterrissage, il n'y a aucun moyen de savoir si la sonde a vraiment atteint la phase finale de descente propulsée. Si elle a atteint cette phase, c'est vraiment l'arrêt prématuré des moteurs qui est responsable de l'échec.
Les autres conclusions du rapport sont :
- L'exploration de Mars est une entreprise nationale très importante qui doit être poursuivie.
- L'exploration spatiale est intrinsèquement difficile, mais les risques sont gérables et acceptables.
- La NASA, le JPL et l'industrie américaine ont les capacités de conduire les missions planétaires et spatiales au succès.
- L'approche "Plus rapide, meilleur et moins cher", appliquée de manière appropriée, doit être poursuivie et servir de guide à la réalisation des programmes.
- Il y eu de nombreux points faibles dans la conception et la réalisation des programmes martiens. Mais tous les problèmes découverts peuvent être corrigés pour permettre à un programme cohérent d'exploration de Mars d'atteindre ses objectifs.
Les points clefs, mis en lumière par la commission, devant conduire au succès sont :
- Il est essentiel que les chefs de projet soient expérimentés.
- L'équipe dirigeante d'un projet doit être responsable et comptable de tous les aspects liés à la mission.
- Les contraintes spécifiques liées aux missions spatiales exigent des marges de tolérances adaptées.
- L'application appropriée d'une expertise institutionnelle est un point critique pour le succès d'une mission.
- Des vérifications et des essais minutieux sont essentiels à la réussite d'un projet.
- L'évaluation et la gestion des risques sont des éléments important dans l'élaboration d'une mission.
- Les dirigeants institutionnels doivent rendre compte des politiques et des procédures appliquées permettant d'obtenir un haut niveau de réussite.
- Les dirigeants institutionnels doivent s'assurer que la mise en œuvre des projets suit les politiques et les procédures requises.
- La couverture télémétrique des phases critiques est nécessaire pour l'analyse et l'implémentation de l'expérience acquise sur les missions futures.
- Si vous n'êtes pas prêt, ne lancez pas.
Suite à la publication du rapport, la NASA chargea son bureau des sciences spatiales de développer une réponse stratégique globale aux conclusions et recommandations formulées. L'ingénieur en chef W. Brian Keegan coordonnera les réponses de l'agence aux récents rapports sur les pratiques de gestion des programmes.
La NASA annonça également l'abandon de l'atterrisseur du programme Mars Surveyor 2001 en attendant l'approbation d'un nouveau plan d'exploration de Mars