LA DÉCOUVERTE DES TRACES D’EAU CONDUIT LA NASA
À RECONSIDÉRER SES PROGRAMMES D’ATTERRISSEURS

Maintenant qu’ils ont identifié des traces d’écoulements récents provoquées selon toute vraisemblance par de l’eau liquide, et donc la preuve de présence de celle-ci au voisinage immédiat de la surface, les scientifiques et ingénieurs de la NASA voudraient bien y aller voir de près ! Mais la chose n’est pas facile… sauf à confier cette mission à des astronautes.

En premier lieu, ces épanchements sont localisés sur des terrains mouvementés et, qui plus est, sur le flanc de cratères ou de vallées plutôt pentus. On imagine mal le rover Sojourner grimper les éboulis ou descendre au-dessus des surplombs des effondrement de terrain pour rejoindre la couche géologique aquifère. Tout au plus ses successeurs pourront-ils ausculter (radar ou forage) le terrain avoisinant.

un vrai travail d’alpiniste…

Mais une limitation des sondes actuelles encore plus fondamentale doit être levée, celle de la précision d’atterrissage. Celle-ci était de l’ordre de quelques centaines de km pour Mars Pathfinder et l’atterrisseur de la mission de retour d’échantillons devrait atteindre la dizaine de km, grâce à la mise en œuvre de techniques de navigation précises et de manœuvre aérodynamique en phase d’approche. Mais ici, c’est une précision de l’ordre de quelques mètres qu’il faut chercher, car la largeur des zones d’écoulement s’exprime en dizaines de mètres ! A moins de donner au robot des capacités de déplacement importantes une fois au sol.

C’est la raison pour laquelle la NASA réfléchit au développement de technologies propres à répondre à ce nouveau besoin. Trois grands objectifs fonctionnels sont à atteindre pour être capable de monter de telles missions :

  • un guidage autonome et précis en phase de descente ;
  • une capacité d’atterrissage ponctuel ;
  • une capacité d’évitement des obstacles de terrain (blocs rocheux, éboulis, pente exagérée) en phase finale.

Au stade prospectif actuel, toutes sortes de moyens sont imaginés pour y parvenir, allant de parapente aux airbags, en passant par un module d’atterrissage propulsé capable de déports latéraux… Ces technologies ne sauraient évidemment être disponibles pour construire le lander de 2003, mais les responsables estiment être capables de commencer à les appliquer dès l’opportunité de 2005.

En tout état de cause, ces événements, outre le fait qu’ils vont stimuler le développement de nouvelles capacités, redonnent de la vigueur aux projets d’exploration martienne. Pourtant il apparaît déjà qu’au fur et à mesure que notre découverte de la planète progresse, l’objet de nos investigations devenant de plus en plus significatif mais aussi de plus en plus difficile à atteindre par des moyens automatiques, la justification de missions d’exploration humaine se trouve progressivement renforcée.

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