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UNE MÉTÉORITE SALÉE TÉMOIGNE D’OCÉANS MARTIENS SEMBLABLES AUX OCÉANS TERRESTRES |
En réexaminant les résultats d’une étude datant d’une quinzaine d’années, des chercheurs de l’Université d’Arizona (ASU), dont Carleton Moore, directeur de l’ASU Meteorite Center, ont fait une observation intéressante. Cette étude portait sur la teneur en chlore et en soufre de basaltes provenant de différents corps du système solaire (la Terre, la Lune, météorites) et montrait que certaines météorites étaient riches en chlore, alors que d’autres étaient pauvres. On ignorait à l’origine la provenance martienne de certains de ces échantillons mais, au cours de ce réexamen, il apparut aux chercheurs que ceux-ci étaient précisément ceux qui exhibaient une forte teneur en chlore. Faisant le parallèle avec les analyses de la fameuse ALH84001, qui avaient mis en évidence la présence de sels dans ses fractures, Moore et ses collègues émirent l’hypothèse que la concentration en chlore de leurs spécimens était également due à la présence de sels, déposés dans les fissures de la roche d’origine par de l’eau salée (présence de chlorure de sodium). (doc. ASU)
Pour consolider cette hypothèse Moore et ses collègues choisirent de prélever un échantillon à cœur dans la météorite de Nakhla, qui présentait la plus forte teneur en chlore. Ils constatèrent qu’un fort pourcentage du chlore présent l’était sous forme d’un composé soluble dans l’eau, donc vraisemblablement déposé par de l’eau salée, ce que corrobore le fait que les éléments ioniques les plus abondants se révélaient bien être le chlore et le sodium.
Une différence cependant : une plus forte abondance relative de calcium que dans l’eau des océans terrestres. Mais ceci peut s’expliquer par l’action sur Terre des organismes tels que les plantes, les coraux et les coquillages, qui ont capté et transformé en roches une grande partie de ce calcium. Notons au passage que cette transformation s’est produite dans des temps relativement récents par rapport à l’âge de Nakhla (1,2 milliards d’années), puisqu’en particulier les coquillages n’existent que depuis 600 millions d’années.
Pour Moore, cette similitude d’environnement océanique des deux planètes dans les temps reculés accroît les possibilités de trouver la vie sur Mars. Elle permet aussi d’avoir un aperçu sur les conditions qui régnaient alors sur Terre.