MARS SURVEYOR 2001 PROMET
D’ACCROÎTRE NOTRE CONNAISSANCE
DES RESSOURCES MARTIENNES

La sonde Mars Surveyor 2001 doit être lancée d’ici 9 mois pour se placer en orbite quasi-polaire autour de Mars, le 20 octobre 2001, avant d’entamer une phase d’aérofreinage de 2,5 mois destinée à lui faire rejoindre son orbite de travail. Deux de ses instruments fourniront de précieuses données qui permettront, en particulier, d’approfondir le mystère des fameuses coulées observées par MGS en de multiples endroits de la planète. Il s’agit d’un Spectromètre à Rayons Gamma (GRS) et d’un Système d’Imagerie des Émissions Thermiques THEMIS).

Le GRS est une copie de l’instrument perdu avec la sonde Mars Observer en 93. Il lui est assigné la tâche de dresser une carte globale de la composition en éléments chimiques de la surface, ainsi que de la présence d’eau (de glace) en surface et jusqu’à 1 mètre de profondeur. Certes, sa résolution spatiale ne lui permettra pas d’observer individuellement les formations d’écoulement repérées par MGS, mais il devrait être à même d’indiquer si oui ou non de la glace est présente en surface. À noter que l’orbite initiale ne sera pas optimale pour son fonctionnement ; il faudra pour cela attendre le milieu de la mission, quand la sonde survolera la planète vers le soir.

THEMIS, quant à lui, sera capable de dresser une carte des minéraux composant le sol, grâce à l’analyse des émissions en infrarouge qui les caractérisent. Or certains minéraux ne se forment qu’en présence d’eau ; leur détection sera donc un indice que de l’eau était présente au moment où ils se sont cristallisés. THEMIS a une résolution de 40 m en imagerie spectrale infrarouge (dans 9 canaux de longueur d’onde), et de 20 m en visible.

Un troisième instrument, l’Expérience d’Environnement Radiatif de Mars (MARIE), a pour but de jauger, pour la première fois sur des données réelles, les risques provoqués par les rayonnements ionisants pour les futurs explorateurs.

Le vaisseau, d’une masse de 758 kg, sera lancé, comme ses prédécesseurs, par une fusée Delta II, une des plus fiables au monde. Il est en cours de fin d’intégration et d’essais chez son constructeur, Lockheed Martin, à Denver (Colorado). Bien que la cause de la disparition de son grand frère Mars Climate Orbiter, en septembre 99, ait été parfaitement identifiée (utilisation d’unités anglo-saxonnes au lieu de métriques), le programme a fait l’objet d’un plan de vérification et d’essais renforcé. Les équipes, qui avaient été exagérément limitées, ont été mieux dimensionnées, tandis qu’une attention particulière a été apportée à la qualité des logiciels et de leur documentation. L’ensemble de ces mesures ont d’ailleurs conduit à porter le budget du programme de 200 M$ à près de 300 M$. Souhaitons-lui donc bonne chance !

(Image doc. NASA)