TORONTO : LE DÉBUT D’UN MOUVEMENT

L’affiche du congrès

Gros succès pour le troisième congrès de la Mars Society à Toronto, le premier à se tenir en-dehors des États-Unis. Si les américains sont évidemment venus un peu moins nombreux qu’à Boulder, cela était compensé par une participation canadienne et internationale plus importante. Pour ne parler que des français, nous en avons identifiés huit, dont six membres de Planète Mars : Georges Ballini, Marc Salotti, Maryse Sari, Richard Heidmann, Bertrand Spitz, Alain Turcat. Parmi ceux-ci, trois présentaient des communications : G. Ballini sur Mars au théâtre, M. Salotti sur son projet de jeu de simulation de base martienne, M. Sari sur le projet éducatif qu’elle a mené avec l’appui de Nicolas Vandapel. Nous avons eu le plaisir de rencontrer nos amis de plusieurs sections européennes : Royaume-Uni, Allemagne, Pays-Bas, Autriche, Pologne, avec lesquels nous avons pu tenir une réunion de coordination. Au cours de celle-ci notre projet de congrès européen de la Mars Society en octobre 2001, très probablement à Paris, au Palais de la Découverte, a été discuté et approuvé, suite à la présentation qui leur en avait été déjà faite par e-mail.

Marc Salotti (jeu de simulation base) Maryse Sari (projet éducatif)


Les représentants non-américains au Steering Committee (de droite à gauche : Royaume Uni, France, Allemagne et, derrière R. Wagner, Canada)

R. Heidmann (et B. Spitz, en tant que membre de l’auditoire) ont participé au Steering Committee (Comité de Pilotage) de l’association, au cours duquel ce projet a été présenté. La réaction a été particulièrement positive, compte tenu du prestige du lieu proposé et des circonstances favorables que représentent la tenue du congrès de la Fédération Internationale d’Astronautique en France à la même époque et la présence au Palais de l’exposition " Objectif Mars ", actuellement à la Cité de l’Espace de Toulouse.

Il ne reste plus qu’à élaborer le schéma de cette manifestation, confirmer les termes de l’accord recherché avec le Palais et… accomplir la foule de tâches que suppose bien évidemment l’organisation d’une telle manifestation. Vous vous sentez prêts à donner un coup de main ? Merci de vous manifester auprès de Erwan Bourcy, qui a accepté de prendre la responsabilité de cette opération, en plus de celle de la " MarsFest " (erwan.bourcy@usa.net). Il n’est pas trop tôt pour le faire, car cela lui permettra de compter ses forces. A noter que le congrès de Toronto a été organisé par un " chapter " de onze membres ! Avec un effectif d’un autre ordre de grandeur, nous devrions y arriver !

Le module d’habitat simulé après sa première occupation, prêt à l’hivernage

Le grand événement, c’était évidemment l’inauguration de l’habitat martien simulé en Arctique ! Un événement en soi, sur le plan scientifique et médiatique, mais un événement que les circonstances rendent épique et particulièrement significatif. En effet, après le désastre de l’échec du cinquième et dernier parachutage, qui privait en particulier l’équipe de montage de la grue et des outillages indispensables, la situation semblait désespérée. Mais, sous l’impulsion farouche de Robert Zubrin, les énergies se sont mobilisées et, surtout, une incroyable ingéniosité a été déployée, permettant de parvenir au résultat envers et contre tout (voir les détails dans la rubrique correspondante du site). La Mars Society, âgée seulement de deux ans, offre ainsi une réalisation concrète, dont l’utilité scientifique et la visibilité vont servir la cause de l’exploration humaine. Par cette opération de sauvetage improvisée, elle démontre aussi, de façon particulièrement éclatante, la supériorité définitive d’une expédition humaine sur une exploration purement robotique !

Rover pressurisé

Conformément à la stratégie de l’association, nous n’en restons évidemment pas là, d’autant plus que l’impact politique et médiatique de l’opération est largement à la hauteur des espérances. Le Steering Committee a donc décidé du principe d’une extension de l’opération " Mars Analog ", avec la création de plusieurs autres stations dans des régions représentatives d’autres conditions d’environnement, la poursuite de l’opération " rover pressurisé " et un début de réflexion sur les problèmes de combinaison spatiale, jugés particulièrement critiques (un prototype de la firme Hamilton-Sustrand a d’ailleurs été essayé lors de la première occupation de la base arctique). Ce programme mettra à contribution les sections de plusieurs pays et devrait représenter un volume d’investissement cinq à dix fois supérieur ! La direction de l’association va en établir le plan et lancer une vigoureuse opération de recherche de sponsors. Comme l’a dit Robert Zubrin, " il faut battre le fer tant qu’il est chaud ".

Il a par ailleurs été décidé une première opération de vol (même si il est considéré, au stade actuel du moins, que l’effort " Mars Analog " doit avoir la priorité) : la Mars Society va contribuer, à hauteur de 50000 $, au financement d’un appareil de l’atterrisseur Beagle 2 britannique, que la sonde européenne Mars Express doit emporter vers Mars en 2003. Nos amis d’Outre-Manche ont lancé ce programme avec un grand courage, sans soutien officiel, parvenant à réunir la plus grande partie des financements et à se faire accepter comme passager par l’Agence Spatiale Européenne. Malheureusement, le budget n’est encore couvert qu’à 80%, d’où l’initiative de l’association. Celle-ci concernera plus spécialement un microscope destiné à observer les échantillons de roche et de sol que Beagle 2 va analyser. Inutile de dire l’intérêt d’un tel instrument, tant pour la minéralogie que pour la biologie !

Beagle2 au travail sur le sol de Mars

La Mars Society ouvre d’ailleurs un fonds de contribution spécial pour cette opération : si vous voulez soutenir son action de promotion, aider nos collègues britanniques et participer directement à l’effort d’exploration, alors n’hésitez pas :

SOUSCRIVEZ AU FONDS POUR LE MICROSCOPE DE BEAGLE 2

en envoyant un chèque au siège de l’association Planète Mars, 28 rue de la Gaîté, 75014-Paris, en mentionnant : participation au fonds Beagle2. Nous nous chargerons de transférer les versements recueillis. N'oubliez pas que ce sont les petits ruisseaux qui sont à l'origine des grands fleuves.

En conclusion, et sans même parler des sessions plénières passionnantes et des dizaines de communication données en parallèles dans cinq amphis, ce congrès a indéniablement marqué une grande étape. Le premier, en 1998, marquait la naissance de la Mars Society. En 1999, le deuxième confirmait et amplifiait l’intérêt soulevé. Cette année, avec l’impact de l’inauguration de la base arctique et la force de ses adhérents, la Mars Society a démontré qu’elle est devenue un mouvement. L’élan donné va maintenant être mis à profit pour en amplifier la portée.

On to Mars !

Richard Heidmann

 

PS : le prochain congrès se tiendra de nouveau à Boulder.

 

 

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