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Les plus larges chenaux d'inondations |
Dans le numéro du mois de juin du Journal of Geophysical Research, Dohm et son équipe, du Département d'Hydrologie et des Ressources en Eau de l'Université d'Arizona, ont rapporté la découverte sur Mars de ce qui serait le plus grand ensemble martien de vallées de débâcle avant celui de Kasei Valles, puisque d'envergure dix fois supérieure.
Ces vallées, parfois larges de 200 km, sont en partie masquées par des couches de lave, de cendres et de poussières éoliennes ; elles sont localisées dans l'hémisphère ouest de Mars, au sud d'Amazonis Planitia, sur la limite nord-ouest de la base du volcan Arsia Mons.
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| (doc. MOLA Science Team) |
La découverte d'une telle formation à la surface de Mars ne permet pas à elle seule de conclure à l'existence d'un passé chaud et humide pour la planète. Néanmoins, des équipes de l'U.S. Geological Survey ont analysé les données des sondes Viking durant plus de 10 ans et les cas de bassins qui ressemblent à des lacs asséchés, de vallées, semble-t-il de débâcle, s'accumulent... Un quart des vallées martiennes semblent être liées à une activité hydrologique récente, d'après les datations relatives. L'âge de ces structures pourra être confirmé avec les retours d'échantillons et les datations absolues qui seront alors possibles.
Les données de Mars Global Surveyor ont apporté une explication potentielle à ces phénomènes : ces anomalies cartographiques apparentes pouvaient être expliquées par la présence d'une poche aquifère très active dans la région de Tharsis, dont les vallées du nord-ouest d'Arsia Mons seraient un résultat. Ces vallées ont été contemporaines du développement initial des chenaux d'inondation qui débouchent sur Chryse Planitia (nord-est de Tharsis), mais ceci s'est apparemment déroulé avant la formation des boucliers volcaniques. Dans le cas où les deux inondations ont eu lieu simultanément, il n'aurait fallu que de 6 à 8 jours pour remplir les océans envisagés plus haut.
La théorie de Baker et de ses collègues pour expliquer de telles inondations fait l'hypothèse qu'à cause des pressions et températures basses de Mars, l'eau et les composés volatiles restent prisonniers du sous-sol à l'état de glace. Mais, dès qu'un point de chaleur magmatique vient chauffer l'ensemble, l'eau et les gaz formés font exploser le verrou du permafrost et provoquent les inondations catastrophiques. Une telle quantité d'eau est alors libérée que des océans ou des lacs temporaires se forment. L'activité volcanique concommitante entraîne la libération de dioxide de carbone dans l'atmosphère, ce qui favorise l'effet de serre et a pour effet de rendre l'eau liquide stable aux basses altitudes. Si, par ailleurs, Mars est dépourvue des sols organiques que l'on trouve sur Terre, l'eau doit pouvoir s'y infiltrer plus rapidement dans le sous-sol. En parallèle, les précipitations lessivent l'atmosphère du dioxide de carbone, et le permafrost se reforme, démarrant une nouvelle ère glaciale.
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