Pourquoi il pourrait y avoir de l'eau sous Tharsis

(Tharsis il y a 3,5 milliards d'années.
Image : University of Arizona,
Jet Propulsion Laboratory,
U.S.G.S., Arizona State University,
University of Central Florida.)

Des chercheurs de plusieurs laboratoires présentent dans un article du 'Journal of Geophysical Research - Planets' des résultats synthétisant les publications de nombreuses autres équipes. Leur étude aborde à la fois la tectonique, les poussées magmatiques, l'érosion, l'hydrologie, la stratigraphie et nos connaissances géologiques. En additionnant les différents événements qui ont pu se dérouler au niveau du dôme de Tharsis, ils ont réussi à recréer un scénario d'évolution de la région.

Une des caractéristiques majeures de cette région, qui abrite également Valles Marineris, est qu'elle semble avoir joué le rôle de "point chaud magmatique" permanent à la surface de Mars ; la démonstration la plus spectaculaire en est les volcans Arsia Mons, Pavonis Mons et Ascraeus Mons. Tharsis aurait de ce fait eu un impact périodique sur la géologie, l'hydrologie et le climat martien, et ceci pendant trois milliards d'années !

Le scénario proposé, que les auteurs confrontent dans leur article à trois autres modèles semble-t-il insuffisants, remonte à la présence d'un bassin de 45 millions de kilomètres cubes qui aurait eu une profondeur de deux à sept kilomètres. Au fur et à mesure que lave, sédiments et composés volatils (parmi lesquels l'eau) s'accumulaient dans les premiers temps de Mars, ils transformaient le bassin en une énorme couche aquifère. Celle-ci aurait rendu possibles les inondations catastrophiques responsables du dessin des fameux chenaux, ainsi que la constitution des océans boréaux. Pour ce dernier point, les auteurs supposent que la porosité des matériaux présents était comparable à leurs équivalents terrestres. La quantité d'eau stockée aurait alors également été suffisante pour rendre possibles la constitution d'océans successifs dans les plaines du nord. Ces océans auraient pu atteindre des tailles correspondant à un tiers de l'Océan Indien et à celle de l'Océan Arctique. La présence d'une telle couche aquifère à faible profondeur expliquerait également les lobes "aqueux" de certains cratères d'impacts.

Les chercheurs ont illustré leur scénario par un film, dont est tirée l'image jointe, représentant l'évolution en 3D de la région de Tharsis. Ce film a été réalisé sur des bases qualitatives ; des aspects tels que l'extension du bassin, sa profondeur, la chronologie, nécessiteraient des données plus précises. Cette illustration de leur hypothèse de travail débute par un bassin gigantesque, bordé de cratères, mais également de hauteurs, montagnes, plateaux et autres résultats de poussées tectoniques et magmatiques antérieures. Les activités magmatique et tectonique se poursuivirent, fracturant et déformant la couche aquifère. En parallèle, lesdites poussées déclenchèrent les inondations vers le nord, et repoussèrent également les poches d'eau vers les zones moins contraintes de la couche aquifère.

Ce dernier point semble important aux chercheurs, car si de telles parties non altérées de Tharsis existent encore aujourd'hui, elles devraient contenir des poches d'eau à proximité de la surface. De tels réservoirs pourraient alors être analysés par les astronautes. Sans compter qu'il pourrait également rester des sites hydrothermaux actifs, particulièrement intéressants du point de vue de l'hydrologie, de la minéralogique et de l'exobiologie.

Liens :
L'article du 'Journal of Geophysical Research - Planets' (disponibilité temporaire).
L'animation 3D de l'évolution de Tharsis (2,2 Mo).


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Dernière modification : Wed Oct 10 23:56:52 CEST 2001