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Deux découvertes d'extrémophiles ! |
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| (In the Antarctic Dry Valleys, January 1998 (Photo W.C. Mahaney).) |
Un nouveau type d'organismes a été découvert dans l'Idaho. Ils se nourrissent d'hydrogène et de dioxide de carbone et rejettent du méthane. Un article est paru sur ce sujet dans le numéro de Nature du 17 janvier. Ces créatures semblent constituer la base de l'écosystème local, ce qui en soit est une surprise. En effet, des organismes méthanogènes sont connus par ailleurs (on en trouve entre autres dans la vase des marécages), mais c'est la première fois qu'ils jouent un rôle aussi central par rapport aux autres organismes.
Ils n'ont besoin ni d'oxygène, ni de la lumière solaire. Ils prélèvent l'hydrogène contenu dans les rochers, dans le voisinage de sources d'eau chaude souterraine. Ces méthanogènes appartiennent à un ancien groupe lié aux bactéries, appelé archaea. Ce groupe correspond à des organismes qui, on pense, étaient capables de vivre en environnements extrêmes et auraient dominé la Terre primitive, lorsque l'oxygène était un composé rare.
Ces méthanogènes sont un très bon exemple de ce à quoi on pourrait s'attendre à trouver sur Mars. En effet, les lieux que l'on pense privilégiés sur la planète rouge (et sur Europe) se trouvent dans de la glace sous la surface ou sous une surface glacé, c'est-à-dire sans exposition à la lumière solaire. La vie aurait alors besoin d'autres sources d'énergie.
Cette découverte vient juste à la suite d'une autre annonce similaire concernant la présence de formes de vie en Antarctique. Une équipe de scientifiques canadiens et néo-zélandais a découvert des microbes enfouis plus profondément que ce que l'on avait observé auparavant dans des vallées sèches quasiment dépourvues de glace. Ceci est présenté dans un article intitulé "Morphogenesis of Antarctic Paleosols : Martian Analogue" dans le journal Icarus.
Des colonies assez âgées ont été découvertes d'une sorte de champignon insecticide et d'une espèce commune de bactéries de type Penicillium. Ces colonies étaient situées dans deux horizons d'un sol salé entre 3 et 8 centimètres sous la surface. Là encore, outre la forte similitude entre le climat des montagnes Quatermain (-30°C à -35°C et des précipitations inférieures à 10mm/an) et celui que l'on trouve sur Mars, le développement de ces organismes sous la surface correspond à ce qui serait possible sur la planète rouge. Sans compter que certaines régions de l'hémisphère sud martien semblent avoir été modelées par des glaciers ou des coulées de boue, notamment vers les bassins d'Argyre, d'Hellas et les régions polaires.
Au cours des avancées et retraits successifs des glaciers, différentes couches de dolérites et de grès ont été déposées. Ces couches ont été chimiquement altérées par les embrunts. Une différentiation s'est effectuée ensuite, faisant migrer le sel vers les couches les plus profondes et les plus anciennes, tandis que le fer remontait. On s'attendait à trouver des organismes dans les couches ferreuses, parce que le fer est souvent nécessaire aux processus physiologiques. C'est exactement l'inverse qui est valable ici : les colonies sont situées dans les couches salées et absentes des horizons riches en fer. La concentration de sel y atteint 3000 ppm ce qui permet à l'eau de ne geler qu'à la température de -56°C.
Un point étonnant a été qu'il y avait plusieurs colonies du champignon Beauveria bassiana, qui est un champignon qui se développe habituellement sur des insectes ; ces organismes pourraient être là depuis des siècles voire des millénaires. Une question subsiste : de quoi ces colonies vivent-elles ?
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