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FAIRE PARLER LES PIERRES
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Octobre 2003 Les britanniques pourraient bien apporter prochainement une nouvelle contribution à la recherche de la vie sur Mars, après la réalisation de l'atterrisseur Beagle2. Le Conseil de la Recherche en Engineering et Physique (Engineering and Physical Sciences Research Council), une des principales agences de recherche d'Outre-Manche, lance en effet le développement d'un procédé d'analyse biologique visant à détecter dans les roches des traces de molécules d'origine biologique, à un niveau de sensibilité jamais atteint. L'intérêt majeur de cet outil serait de permettre d'identifier de telles molécules dans des roches terrestres datant d'une époque plus reculée que celle où les microorganismes fossiles sont déjà abondants ; en effet, ce faisant, on accéderait à des informations nouvelles sur l'ère prébiotique et sur l'émergence de la vie. Bien entendu, les exobiologistes martiens regardent cette technique avec un intérêt non moins grand. D'autant plus que, sur Mars, contrairement à la Terre, les terrains très anciens sont nombreux et les roches susceptibles de faire l'objet de telles investigations sur l'origine d'une éventuelle vie autochtone a priori abondantes. C'est pourquoi il est demandé que le procédé soit développé d'emblée en pensant à la nécessité de le miniaturiser pour l'embarquer sur une sonde martienne. Pas question donc d'être contraint d'utiliser des appareils d'analyse encombrants, lourds ou gourmands en énergie.
La technique proposée est la suivante. Les échantillons de roche commencent par être broyés, de façon à libérer les minuscules quantités d'eau qui peuvent s'y trouver piégées. Cette eau est recueillie et soumise à un examen physique utilisant la spectroscopie Raman, la " Surface Enhanced Resonance Raman Scattering " (SERRS). Ce procédé permet d'identifier des molécules organiques grâce à leur interaction avec des champs électromagnétiques lorsqu'elles sont déposées sur une surface métallique. Les chercheurs commenceront par tester leur appareil sur des préparations contenant des molécules d'ADN, puis des molécules représentatives de résidus de bactéries. Le défi technique n'est pas mince. Il s'agit tout particulièrement d'être capable :
Le programme est prévu sur trois ans et implique des géologues et spécialistes de l'engineering biologique des universités d'Aberdeen et de Glasgow. En soutenant ces travaux très avancées, le Conseil de la Recherche en Engineering et Physique affiche clairement ses motivations : à ses yeux, de telles recherches constituent le fondement du développement économique futur du pays, tout en apportant des bénéfices dans la vie des citoyens, dans les domaines de la santé, mais aussi du mode de vie et de la culture (qu'on ne peut certainement pas oublier, s'agissant de travaux touchant à l'origine et au développement de la vie…).
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