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Et maintenant, Aurora. |
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L'arrêt des Netlanders dans la nouvelle programmation du CNES conclut une dramatique série de reculs, inaugurée par le renoncement à la technologie-clef de l'aérocapture, dans le cadre du projet de retour d'échantillons, et émaillée par les épisodes Mission de répétition, Mars Premier, Netlanders " secs ". Il est laissé entendre que l'implication de la France dans l'exploration martienne n'est pour autant pas abandonnée, mais reportée au niveau des programmes de l'Agence Spatiale Européenne… Il se trouve que celle-ci, au travers de sa courageuse initiative Aurora, a tracé le cadre dans lequel ces efforts doivent à ses yeux être menés. Avec la volonté d'amener l'Europe au rang de partenaire majeur au moment où la décision de débarquer sur Mars sera prise. Mais pour donner corps aux premières étapes de sa mise en application, Aurora va devoir disposer dès avant la fin de cette année d'un budget moins anémique (il est limité actuellement à 14 millions d'euros sur 3 ans…). L'abandon de l'effort national devrait en toute logique conduire la France à défendre vigoureusement cet ajustement des ressources au plan européen.
Au moment où les États-Unis, dans ce domaine de comme dans beaucoup d'autres, se proposent d'accroître leur effort de recherche, en portant de 3,5 à 4 milliards de dollars leur budget (annuel) de la science spatiale, un désaveu d'Aurora aurait des effets sévères. Au plan français, le coup porté à notre industrie spatiale et à nos équipes de chercheurs pourrait s'avérer significatif. Peu d'investissements présentent autant de potentiel de retour, non seulement en termes de développement scientifique, technologique et économique, mais aussi en termes de rayonnement et d'influence dans les coopérations. Au plan international, il risquerait fort de transformer Aurora en gesticulation et démontrerait l'incapacité de l'Europe à contester les positions de la puissance spatiale dominante. Aux décideurs confrontés aux enjeux majeurs et aux difficultés budgétaires de la politique spatiale européenne, nous nous devons de rappeler que, contrairement à la formule facile, " Mars ne peut pas attendre ". Car, dans la course à la connaissance et à l'innovation, nous en paierions à terme les conséquences. En prenant aux bons moments des décisions politiques perspicaces et volontaristes, la France a joué un rôle décisif dans la construction de l'Europe de l'espace. Nous pensons qu'elle doit continuer à le faire en soutenant l'exploration de Mars et en convaincant ses partenaires européens de la suivre. L'avenir n'est pas un luxe. L'effort de recherche est un devoir, et une nécessité de la compétition économique. Aurora offre à l'Europe, dont la richesse -on l'oublie- équivaut à celle des États-Unis, l'opportunité de devenir enfin partie prenante dans cette entreprise d'avenir. Permettons-lui de poursuivre sa route, avec le lancement de la phase de définition de ses premières missions robotiques. Richard Heidmann
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