LE PROGRAMME ROBOTIQUE MARTIEN DE LA NASA EN QUESTION


Mars 2005

Avec l'aimable autorisation de Space.com et de l'auteur, Leonard David (version anglaise)

Le programme robotique martien de la NASA pourrait connaître des changements majeurs, du fait de contraintes techniques et budgétaires, mais aussi scientifiques

" Nous avons reçu des contributions, conseils, questions... de la part des équipes de planification ", a déclaré Doug McCuistion, le directeur du programme martien au siège de la NASA à Washington, D.C. " Rien n'a été finalisé pour le moment. Il n'y a eu aucune décision finale de prise, ou même franchement, de décision intermédiaire ".

Un scénario sujet à discussion en ce moment préconise de décaler le rover MSL (Mars Science Laboratory) de 2009 à 2011 - une action qui pourrait permettre la construction de deux rovers afin de doubler la moisson scientifique qu'il est possible de faire sur la planète rouge, tout en réduisant les risques.

Image NASA/JPL

La NASA est en pleine campagne de planification à travers ce qu'elle appelle des " Roadmaps " (littéralement " carte routière "), précisant les options et détails d'un effort à mener sur plusieurs années qui pourrait mener à l'homme sur Mars vers 2030, comme c'est visible sur certaine planches de la NASA.

M. McCuistion a déclaré que la possibilité de décaler le MSL à 2001 est sur la table, mais n'était pas encore confirmée.

" Les discussions concernant le MSL tournent autour d'un certain nombre de choses " selon lui " L'une est la " solidité " de la partie scientifique et l'autre la technologie ".

Plus gros que les Rovers actuellement en service sur Mars - Spirit et Opportunity - le MSL est un " grand pas en avant " par rapport à ces petites mécaniques, plus massif et capable d'emporter dix fois plus de charge utile

Science à haut risque  : mettre tous ses oeufs dans le même panier....

Image NASA/JPL
Déposer le lourd MSL sans risque à la surface de Mars implique l'utilisation d'une technologie différente des airbags utilisés lors des trois derniers atterrissages réussis par la NASA. " Il y a des risques technologiques quand on veut se poser à la surface d'une autre planète ", a-t-il ajouté.

Une autre préoccupation mise en lumière par les planificateurs à propos du MSL est le risque scientifique comme débarquer en plein milieu d'une région sans aucun intérêt... Mais il existe aussi le risque d'un échec. Mettre tous ses oeufs dans le même panier - un seul et même atterrisseur - est risqué.

Il y aurait des discussions sur la possibilité de créer plus un deuxième rover-laboratoire MSL "  Si nous en faisons deux, on ne peut pas le faire en 2009. C'est impossible ", a expliqué McCuistion soulignant les contraintes techniques et budgétaires.

" Si la décision est d'en faire deux, et une fois encore, cette décision n'a pas été prise, je ne peux pas le faire en 2009 " a-t-il ajouté. " Ces robots coûtent cher. "

Collaboration internationale ?

Savoir quel rôle la collaboration internationale pourrait jouer durant cette période "  pour maintenir l'intérêt scientifique au plus haut niveau ", est aussi à l'ordre du jour, a fait remarqué McCuistion.

Travailler avec un partenaire international est potentiellement faisable, a-t-il dit, en fonction des fonds disponibles. La collaboration internationale, est " quelque chose que nous désirions tous entreprendre... pour améliorer notre dimension internationale "

" Les européens par exemple ont très envie de revenir sur Mars après leur déboires avec Beagle (NdT " Beagle 2 ")  ", ajoute-t-il. Le Beagle 2 britannique a bien été largué par la sonde européenne Mars Express, mais a été perdu lors de la descente sur la planète en décembre 2003.

Selon McCuistion, d'autres options sont envisageables, il y aurait du " grain à moudre " en 2009 si le programme MSL devaient être retardé.

Les décisions concernant Mars et ses " roadmaps " sont envoyés au bureau d'intégration et de planification avancée, afin de faire le lien avec les autres " roadmaps ", puis à nouveau envoyés aux académies nationales - des comités d'experts qui se prononcent sur les questions d'intérêt national et donnent des conseils au gouvernement fédéral et au public.

Mission d'essai de retour d'échantillons

Image NASA/JPL
Concernant les autres questions martiennes, la NASA a retenu la fenêtre de tir de 2009 pour le " Mars Telecommunications Orbiter " (MTO). C'est le premier élément de l'infrastructure de communications autour de la planète pour toutes les missions martiennes futures.

MTO aura également une charge utile scientifique qui reste à définir, qui comprendra l'évaluation d'un laser optique de communication pour augmenter le flux de données entre la Terre et Mars. En prime, une démonstration clef de manœuvre, poursuite et rendez-vous avec une capsule éjecté de la taille d'un ballon de football (NdT U.S ?).

McCuistion déclare que cette expérience ne verra pas le MTO capturer la capsule. Mais ce test aidera à définir les procédures des futures missions de retour d'échantillons martiens.

Une communication d'opportunité (Announcement of Opportunity AO) de la part de la NASA visant à sélectionner les expériences scientifiques est pour bientôt, ajoute-t-il. Cet AO ne viserait qu'à évaluer l'opportunité en terme de coût/productivité et de masse disponible pour emporter ces expériences.

McCuistion ajoute : "  Donc, il y aura une opportunité scientifique en 2009, que la communauté scientifique doit avoir à l'esprit ".

Le message dominant de McCuistion concernant les plans d'exploration martienne est le suivant : " La science est toujours le première des priorités. Dès que nous aurons des informations concrètes sur les opportunités qu'offrent ces missions, nous communiquerons dessus aussi largement que possible ".

Problèmes budgétaires : Spirit et Opportunity

Un point qui doit être tranché très bientôt concerne la prolongation de la mission des rovers d'exploration martienne M.E.R. Spirit et Opportunity à la longévité déjà surprenante. Une proposition devrait bientôt arriver sur le bureau de McCuistion visant à prolonger la mission de six mois. Mais il est certain que l'argent se fait rare.

" Ils sont financés jusqu'à la fin Mars. J'essaye de mettre la pression sur les équipes M.E.R. pour essayer de réduire le coût des opérations. Mais nous arrivons au plancher en terme de coûts concernant l'exploitation de ces deux engins " note-t-il. " Ils demandent beaucoup de travail du point de vue des opérations, ils forment une système cher à opérer. Je pense qu'il en sera toujours ainsi ".

McCuistion déclare que la demande de budget à venir - dont le montant est toujours à déterminer - donnerait un sursis à Spirit et Opportunity, du premier avril jusqu'à la fin septembre.

L'homme sur Mars : check-liste " sécurité "

Les idées dans l'air du temps à la NASA ramènent à un mission habitée sur Mars vers 2030.

Mais pour se préparer à un tel séjour, une check-liste exhaustive des aspects liés à l'homme a été établie.

Désignée dans certains départements comme l'initiative de recherche " Safe on Mars " (NdT " en sûreté sur Mars "), on trouve une longue liste de choses à faire dans une perspective scientifique, technologique et de préparation de mission, avant d'envoyer un équipage vers la planète rouge.

Et McCuistion de conclure " C'est incroyable quand vous parcourez cette check-liste, il y a une foule de choses, lorsqu'on creuse un peu, auxquelles nombre d'entre nous n'avions pas pensé. Nous avons besoins de faire un grand nombre d'études, en interne comme en externe pour comprendre et rassembler tous les morceaux…..parce que c'est assez dangereux de partir aussi loi de chez soi ".

Pour en savoir plus : " Safe on Mars "  (en anglais)


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