A la date de cette manoeuvre, le vaisseau polyvalent avait couvert depuis son lancement, le 12 août dernier, environ 60 % de son trajet de la Terre à Mars. Il lui restait à parcourir 40 millions de kilomètres avant sa mise en orbite autour de la planète. Il lui faudra ensuite six mois pour ajuster la forme de son orbite (ndlr : en utilisant le freinage atmosphérique), avant que puisse commencer la phase scientifique de sa mission. Au cours de celle-ci, il devrait transmettre un volume de données plus important que celui de toutes les missions précédentes réunies. La sonde a déjà établi un nouveau record en matière de débit de transmission en mission interplanétaire, avec une valeur de 6 mégabits par seconde, vitesse suffisante pour remplir un CD-ROM en 16 minutes. " La manœuvre de ce jour consiste principalement à accroître la vitesse de la sonde, de façon à nous faire arriver juste au bon moment " a commenté Tung-han You, responsable de l'équipe de navigation de MRO au Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la NASA (Pasadena, Californie). L'accroissement de vitesse visée n'était que de 75 cm/s (moins de 3 km à l'heure), pour une vitesse du vaisseau par rapport au Soleil d'environ 27 km par seconde (près de 100 000 km à l'heure). Le programme de la mission a prévu quatre opportunités de correction de trajectoire. Celle du 18 novembre était la deuxième ; elle n'a requis que l'utilisation des moteurs d'ajustement de trajectoire. Chacun de ces moteurs délivre une poussée de 18 Newton (un peu moins de 2 kg-force). La première correction, survenue le 27 août, a également était mise à profit pour tester les six moteurs principaux, qui produisent une poussée presque 8 fois supérieure. Ce sont ces derniers qui auront la lourde tâche de freiner suffisamment le vaisseau lorsqu'il atteindra le voisinage de Mars, de façon à permettre sa capture en orbite martienne. La prochaine manœuvre d'ajustement est planifiée au 1er février 2006 et la dernière, 10 jours avant l'arrivée, sera utilisée, si nécessaire, pour régler finement les conditions d'approche (selon les déclarations d'Allen Halsell, adjoint au responsable de l'équipe de navigation MRO, au JPL). La mission Mars Reconnaissance Orbiter va permettre d'observer Mars avec une finesse de détail sans précédent, depuis une orbite basse. Les instruments de la charge utile vont étudier la répartition de l'eau - sous forme de glace, vapeur et liquide - ainsi que les formations géologiques et la présence de minéraux. Le satellite va également contribuer aux missions robotiques futures, en examinant des sites d'atterrissages potentiels et en servant par la suite de relais de transmission de données à haut débit vers la Terre. La mission est dirigée par le JPL, une division du California Institute of Technology, Pasadena, pour la direction des missions scientifiques de la NASA. Lockheed Martin Space Systems, Denver, est le maître d'œuvre industriel du projet et le constructeur de la sonde. (texte : NASA ; nouvelle parue en anglais sur le site du JPL le 18 novembre 2005 ; traduction APM).
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