Mars au Kennedy Space Center

Mai 2006

La base de lancement du Kennedy Space Center voit passer 1,5 millions de visiteurs par an. Il est intéressant de voir comment l'exploration du système solaire et celle de Mars en particulier y est annoncée et expliquée au public. On peut distinguer deux " strates " dans les présentations et animations concernant l'exploration spatiale : l'une datant d'avant les déclarations du président américain de début 2004, l'autre résultant de ces déclarations.

Dans cette dernière catégorie, la zone principale d'accueil du Kennedy Space Center, le " Visitors Center ", est parsemée de panneaux montrant le retour à la Lune (Crew Excursion Vehicle ou CEV, la cabine habitable ressemblant à une Apollo, le lanceur correspondant, le CLV, le module lunaire, le lanceur lourd lunaire). L'un des cinémas propose un film " la recherche de la vie " qui fait la part belle à la planète rouge.

Parmi les expositions antérieures aux déclarations du président, " Exploration dans le nouveau millénaire " traite de l'exploration spatiale en général et de celle du système solaire en particulier. Le visiteur se voit remettre à l'entrée un passeport à tamponner aux différents endroits à thème du parcours : la Lune, Mars, et " au delà de Mars " (et mon véritable passeport porte maintenant un tampon " Mars " dans ses pages visas). C'est dans ce circuit que le visiteur est amené à voir une sonde Viking martienne sur un sol martien reconstitué. Et il peut toucher du doigt Mars sous forme d'une tranche polie de météorite garantie " en provenance de cette planète ". D'ailleurs la boutique spatiale de l'aéroport d'Orlando (voisin du KSC) propose également une tranche de météorite martienne à toucher (le risque de transmission de microorganisme doit être plus lié au nombre de contacts de doigts de visiteurs qu'à la présence d'une éventuelle vie d'origine martienne).

L'exposition " les robots éclaireurs " montre de manière claire et simple, l'apport des sondes dans l'exploration du système solaire. Le robot y est présenté comme l'éclaireur rapide qui prépare la venue de l'homme. Ainsi après une scène montrant le rover (ou astromobile) " Sojourner " , le visiteur entre dans une maquette échelle 1 d'une base martienne d'environ 7 mètres de diamètre équipé de serres verticales à étagères où poussent des plantes. Une petite baie vitrée donne sur un paysage martien moins réaliste que celui de l'Utah, mais l'aménagement fait plus spatial que celui de la station MDRS de la Mars Society.

Au nord du bâtiment de 160 m de haut , le VAB, qui aujourd'hui voit l'intégration de la navette après avoir hébergé l'assemblage des Saturn 5 avant leur départ pour la Lune, se trouve un nouveau bâtiment qui protège l'une des derniers lanceurs Saturn 5. Le programme Apollo y est présenté avec tous ses matériels (module lunaire, module de commande, rover). On y assiste à un compte à rebours simulé de la mission Apollo 8 qui vit les astronautes Bormann, Lowell et Anders passer une vingtaine d'heures en orbite autour de la Lune à Noël 1968. On y assiste aussi à l'arrivée sur une grande scène représentant un sol lunaire, d'un module lunaire pratiquement à l'échelle 1 et au départ de son étage de remontée. Bien sûr c'est la Lune qui est ici à l'honneur mais la séquence se termine sur " Mars, la prochaine étape ". Et dans la salle suivante le visiteur peut télécommander le déplacement d'un rover sur un sol martien puis se faire photographier en scaphandre sur la planète rouge.

Dans le domaine distractif, le " Visitors Center " offre aux jeunes une attraction " La folle mission vers Mars 2025 ". Et quelques kilomètres plus loin le " Hall de gloire des astronautes " (Astronautes Hall of Fame) utilise un simulateur 3 axes pour faire vivre une reconnaissance en avion et en rover de Mars qui n'a plus rien de réaliste !

A l'est du VAB un point d'observation permet de contempler à moins de 2 km les installations de lancement 39 A et 39 B, seuls endroits de la Terre d'où des hommes ont quitté notre planète pour un autre monde. On peut imaginer sans peine que ces mêmes sites verront un jour à nouveau des départs d'astronautes pour d'autres planètes … dont Mars bien sûr.


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