Par Guy Webster, Jet Propulsion Laboratory, Pasadena, Traduction Pierre Brisson
La sonde Mars Reconnaissance Orbiter (« MRO ») de la NASA a déployé la grande antenne de son radar, préparant l'instrument à entreprendre le sondage des couches géologiques souterraines de Mars. Le radar pour sous-sol peu profond de la sonde (« SSR »), fourni par l'Agence Italienne de l'Espace, explorera jusqu’à des profondeurs d'environ un kilomètre les couches de glace, de roches et, s’il y en a, d'eau liquide, et il les cartographiera. L'antenne du radar est prudemment restée pliée et à l’abri durant tout le vol vers Mars, du 12 août 2005 au 10 mars 2006 et ensuite, pendant les 6 mois que nécessitèrent les 426 aérofreinages de la sonde dans les couches supérieures de l'atmosphère de Mars pour resserrer la taille de son orbite. Le 16 septembre, on a fait sauter les verrous des attaches et les bras jumeaux à ressort de l'antenne se sont déployés. Les informations subséquentes venant du vaisseau spatial ont indiqué que chaque bras s'était correctement étendu à la longueur prévue de 5 mètres. « Le déploiement de l'antenne a réussi. Il s’est passé exactement comme prévu, » dit le Dr. Enrico Flamini, directeur de programme de l'Agence Italienne de l'Espace pour le SSR. « Maintenant l’intérêt monte autour de ce que le radar va trouver caché sous la surface de Mars. » Ali Safaeinili, un ingénieur de l’équipe radar au Jet Propulsion Laboratory de la NASA (Pasadena, Californie), dit : « les capteurs de mouvement sur MRO nous ont donné de bonnes indications que l'antenne s'est déployée avec succès. La nombre de vibrations d'antenne pendant que les bras se déployaient ont été dans la fourchette prévue. » Le radar a reçu son premier écho radio de la surface de Mars lors d’un test, le 18 septembre. Cela a donné une première indication que l'instrument tout entier fonctionnait correctement. Les chercheurs utiliseront l'instrument pour davantage de tests à la fin de ce mois. La communication avec tout vaisseau spatial orbitant Mars sera intermittente pendant la majeure partie d'octobre lorsque la planète, vue de la Terre, sera derrière le Soleil. La phase principale de deux ans de la mission scientifique du MRO commencera en novembre.
« Nous utiliserons le SSR pour cartographier les vallées enterrées, pour étudier la structure interne des calottes polaires et pour discerner les limites entre les couches de différents matériaux, » dit le Dr. Roberto Seu de l'Université de Rome (La Sapienza), responsable de l'équipe scientifique de l'instrument. « Les données fourniront notre premier regard détaillé sur ce qu’il y a juste en dessous de la surface de Mars, où pourrait se trouver des glaces accessibles à de futurs explorateurs. » Le radar du MRO viendra en complément d’un équipement semblable qui a été mis en fonction l'an dernier sur le Mars Express Orbiter de l’ESA, le « Mars Advanced Radar for Subsurface and Ionospheric Sounding » (Radar martien avancé pour le sondage du sous-sol et de l’ionosphère). Les deux instruments utilisent des fréquences différentes de radar. Celui du MRO peut distinguer des couches plus minces, mais ne peut pas pénétrer le sous-sol aussi profondément que celui de Mars Express. Ils sont tous les deux le fruit de la coopération entre Italiens et Américains pour l’utilisation des radars sur les sondes planétaires. Alcatel Alenia Spazio (Rome) est le contractant principal de l'Agence Italienne de l'Espace pour l'instrument mais c’est Astro Aerospace (Carpineria, Californie), une entité de Northrop Grumman Corp (Los Angeles), qui a mis au point l'antenne comme sous-traitant d’Alcatel Alenia.
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