19 octobre 2006 A l’issue de deux années de travaux, une équipe d’astronomes du Space Telescope Science Institute et de microbiologistes de l’Université du Maryland sont arrivés à la conclusion que certains microorganismes terrestres seraient parfaitement capables de survivre et de se multiplier dans l’environnement martien. Ils se sont intéressés à la fois à des halophiles (bactéries qui se plaisent dans des eaux fortement chargées en sel) et à des méthanogènes (dont le métabolisme utilise comme source d’énergie des corps simples comme l’hydrogène et rejette du méthane). Plus spécifiquement, ils ont conduit leurs expériences sur de tels organismes provenant de lacs de l’Antarctique. Ils ont constaté que ces extrêmophiles se reproduisaient à une vitesse significative à des températures de -1°C à -2° C. Leurs observations leur laissent d’ailleurs penser que ces organismes devraient continuer à prospérer à des températures encore bien inférieure, pour peu qu’on leur en laisse le temps (la saumure utilisée comme milieu de culture ne gelait qu’à -28°C).
Ces bactéries sont capables de muter - et donc de s’adapter - rapidement. Certaines ont développé diverses méthodes de protection contre le froid, l’une d’entre elles consistant à se coller avec ses congénères pour mieux conserver la chaleur dégagé par leur métabolisme ! A noter que des méthanogènes ont également développé une forte capacité de résistance aux radiations en perfectionnant leur système de réparation de l’ADN. Bref, une fois de plus, la vie montre son incroyable faculté d’adaptation aux conditions d’environnement extrêmes.
Pour ces chercheurs, de tels microorganismes devraient être tout à fait capables de vivre dans des poches d’eau très salées situées dans le sous-sol de Mars. On sait, grâce au spectromètre à neutrons de Mars Odyssey, que celui-ci est fortement chargé en glace dès les premiers décimètres de profondeur, en particulier aux hautes latitudes ; compte tenu du fait que la température et la pression augmentent en profondeur, de telles poches pourraient exister. Sur la base des observations de ces chercheurs, c’est donc dans ces niches que l’on aurait le plus de chances de trouver des organismes indigènes. Signalons encore que l’absence d’oxygène sur la planète n’est nullement un handicap ; c’était également le cas sur Terre à l’éclosion de la vie et les méthanogènes, précisément, se développent en absence d’oxygène. Mais, acquérir la conviction que des microorganismes pourraient survivre dans l’environnement martien actuel n’est pas tout ! Pour qu’il y ait des organismes vivants, encore faut-il qu’ils aient eu des ancêtres, que la vie, à une époque lointaine où Mars avait un climat plus tempéré et humide (ce qu’ont indiqué encore récemment les résultats du spectromètre OMEGA de Mars Express), ait eu le loisir d’éclore… Pour cela, il faut supposer que les conditions physiques favorables ont été réunies pendant un temps et dans un volume d’eau suffisants, point sur lequel nous manquons cruellement de données. Ce que font espérer ces résultats, c’est que si la vie a émergé sur Mars, il se pourrait qu’on puisse en recueillir la preuve directe en découvrant des organismes vivants, et non pas uniquement des traces indirectes, sous forme de fossiles microbiens (conservés par exemple dans les argiles des terrains les plus anciens), ou par le biais d’indices isotopiques. (d’après le communiqué STScI-2006-48 du Space Telescope Science Institute en date du 19 octobre 2006)
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